La vie dans le mythe
La vie de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen a été au centre de prophéties et de légendes, qui ont contribué à accroître sa renommée de son vivant et après sa mort.
À sa naissance, le poète Pietro da Eboli proclama avec son avènement le retour à l'âge d'or, tandis que le chroniqueur Goffredo da Viterbo annonça une harmonie renouvelée entre l'Église et l'Empire. En revanche, l'abbé Joachim de Flore s'est vu attribuer quelques prophéties opposées, qui le reconnaissaient comme l'Antéchrist. Même la mort de Frédéric a fait l'objet de prophéties ex post : le philosophe Michel Scot, actif à la cour de Frédéric, se voit attribuer la prédiction qu'il mourrait "sub flore", c'est-à-dire "sous la fleur", ce qui explique pourquoi, selon certains récits bien plus tard, l'empereur évita toujours de s'arrêter à Florence. La prophétie est justifiée par le fait que Frédéric est mort le 13 décembre 1250 à Fiorentino (près de Torremaggiore) dans les Pouilles.
Certains chroniqueurs (comme Ricordano Malispini et Giovanni Villani, qui connaissait également Dante) racontent que, pour dissiper les doutes sur la grossesse réelle de sa mère trop âgée, Constance (qui avait 40 ans), le 26 décembre 1194, l'accouchement eut lieu en public, sous une tente (mais à Palerme, disent-ils, et non à Jesi). Le récit fantaisiste fut également repris par Giovanni Boccaccio, selon lequel Constance avait déjà 55 ans ; encore trop peu pour le chroniqueur Bartolomeo di Neocastro, qui lui en attribue même 60!
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